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Relations professionnelles : États-Unis et France

Je suis aux États-Unis depuis un an et demi. Je découvre ce pays, et la distance avec ma patrie me permet de mieux percevoir certaines particularités de la France.

Aux États-Unis, les relations professionnelles sont transactionnelles. C’est presque un lieu commun de le dire, mais analysons-le plus précisément. Pour effectuer une transaction, il faut être deux parties en position de conclure, c’est-à-dire à égalité. Chaque partie est égale et défend ses intérêts du mieux possible. Chacun garde sa spécificité et son indépendance. Les associations se forment et se défont au gré des intérêts. Et par conséquent, tout est volatile. Un jour je suis ton employé, le lendemain tu investis dans mon entreprise. Au fond, l’égalité et la volatilité impliquent que les relations professionnelles sont nécessairement transactionnelles. La loi appelle ça “l’employment at will” et c’est en vigueur en Californie.

En France, il faut être loyal et exécuter les ordres du patron. C’est une relation de type hiérarchique. On peut contester les ordres du chef, mais il faut les exécuter. La relation est fondamentalement dissymétrique, et l’égalité est impossible. Je me souviens, par exemple, d’un employeur qui ne voulait pas travailler avec moi car “j’avais déjà pris ma liberté” en créant une entreprise, et cela était considéré comme suspect. Le Code du travail en dit long à ce sujet. Le “chef” nous protège et nous fait évoluer avec lui/elle. Il y a un côté quasi-féodal.

Un modèle est-il supérieur à l’autre ? Franchement, je ne sais pas. Chacun a ses avantages et ses inconvénients. Cependant, ils sont incompatibles : la hiérarchie et l’égalité sont des concepts contradictoires.


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