(Saturation XI)
Enfin,
Ce repas dont j’ai tant rêvé
est arrivé.
Chaque plat, je déguste
Chaque molécule, un délice
Chaque atome, un goût unique
Chaque proton m’enivre
Pendant ce temps – au dehors:
La planète se brise délicatement.
Ma ville flémit doucement.
Ouragans opalescents se déversent
Tornades de laves convulsent.
Rouges incandescents de partout.
La fin du monde enfin.
Je continue de manger.
L’onctueux des hommes brûlés
Villes, forêts, enfants, parents, voiture, lave-vaisselle,
Je déguste avec soin et délectation.
JE MANGE LE MONDE
Jamais, jamais, je ne serai rassasié.
Je ferme les yeux. Je savoure.
Les cercles de feu s’embrasent
Les brasiers se fendent en une vague.
Ils fondent dans ma bouche.
Quel bonheur!
Enfin.
publié dans Libres Mots n°4
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